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A travers Lisbonne, à bord du tram numéro 28

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 Et si l'on mettait de côté, pendant quelques heures, les agences de notation, les chiffres du chômage et de la dette, les plans de rigueur ? Et si l'on oubliait brièvement les déboires européens, qui n'épargnent pas le Portugal, pour selaisser porter par l'aventure lisboète, le long du Tage ?A 2 000 km de Paris, face à l'océan Atlantique, Lisbonne semble avoir échappé à la frénésie des métropoles du Nord. Ici, nul besoin de voiture ni de vélo, les ruelles de la vieille ville sont trop pentues et trop étroites, les croisements trop serrés. C'est à pied que l'on se déplace. Et quand la côte est trop forte ou le chemin trop long, il suffit de sauter dans un tramway, véritable institution qui a vu le jour en 1873. A l'époque, les premiers tramways sont tirés par des chevaux et il faudraattendre 1901 pour l'électrification. Aujourd'hui, cinq lignes, la 28 (la plus connue), la 12, la 15, la 18 et la 25, sillonnent la ville en tous sens. Chaque jour, des centaines de Lisboètes continuent d'utiliser ces wagonnets, pour se déplacer, allertravaillerfaire leurs courses, rentrer chez eux en fin de journée.WAGON JAUNEDans le tram 28 qui nous emmène de la place Luis-de-Camões, dans le Bairro Alto, vers la Baixa, la ville basse entièrement reconstruite après le tremblement de terre et le raz de marée de 1755, aujourd'hui centre de la ville avec ses hôtels et ses magasins, nous traversons le Chiado, quartier élégant avec son théâtre, l'Ecole des beaux-arts et les cafés littéraires du début du XXe siècle.La discussion va bon train. Dans le wagon jaune – les rouges sont réservés à des circuits touristiques – qui nous emporte vers le château, les échanges fusent entre la vingtaine de passagers assis sur les banquettes alignées le long des fenêtres. Les voyageurs s'interpellent, exhibent leurs derniers achats, une femme rêve la tête appuyée contre la fenêtre, tandis que des collégiens rient de leurs blagues. Quelques regards complices sont échangés.Puis c'est la montée vers le château Saint-Georges, un des mouradoures(belvédères) qui dominent la ville et le fleuve. De cette ancienne résidence royale du XIVe siècle au XVIe siècle, il ne reste aujourd'hui qu'une partie des murailles, la plupart ayant été détruites lors du séisme de 1755. Au centre de ces fortifications, un jardin offrant des essences d'arbres rapportées du Brésil et d'horizons lointains est un havre de paix au-dessus de la ville. De l'autre côté du fleuve, surplombant le pont du 25-avril, on peut apercevoir la statue du Cristo Rei, réplique de celle de Rio de Janeiro et figure emblématique de Lisbonne. Les amateurs de photos viendront ici tôt le matin, pour profiter de belles lumières, et garderont le mirador de Saint-Pierre d'Alcántara pour l'après-midi.Sur le chemin, nous traversons l'Alfama, quartier populaire avec ses maisons délabrées, ses fontaines, ses boutiques minuscules où il faut parfois se baisseravant d'entrer et où l'on trouve de tout, du savon au rouge à lèvres, du balai-brosse aux bouteilles d'eau minérale.Nous sommes là au cœur de Lisbonne, dans l'un des quartiers les plus anciens de la ville avec celui de la Mouraria. C'est ici qu'est né le fado, un genre musical constitué de chants populaires au thème mélancolique que les Lisboètes viennent écouter le soir en dînant ou plus tard autour d'un verre. Un chant qui parle de ceux qui sont partis, des marins, de tous ceux qui sont loin de Lisbonne.RESTAURATION DE LA VILLEDemain, nous retournerons au Bairro Alto, de l'autre côté de la ville basse, haut lieu de la vie nocturne. Nous emprunterons les funiculaires – les trois elevadoresont été classés monuments nationaux en 2002 – pour atteindre une des sept collines dominant la ville ou arpenter de nouveaux quartiers de cette ville en pleine restauration.En attendant, nous laissons le tramway 28 continuer sa course vers Graça et redescendons à pied sur les trottoirs escarpés en direction du fleuve. Sur les murs blanchis à la chaux des maisons de l'Alfama, des scènes de mariage, de danse, rappellent les éditions précédentes de la Fête de Saint-Antoine, qui a lieu chaque année les 12 et 13 juin. Une fête populaire à laquelle chaque quartier participe à travers des défilés, des danses et qui dure parfois jusqu'à la fin du mois.Place du Commerce, sous les arcades, le 6e Festival gastronomique de poisson de Lisbonne attire des centaines de gourmands. Cette année, seize chefs internationaux, dont deux étoilés, le Portugais José Avillez et l'Espagnol PepeSolla, participent à l'événement. Conseillés par le chef Victor Sobral, nous découvrirons les multiples façons de préparer la bacalhau (morue), le poulpe...En ce mois d'avril, après un hiver long et pluvieux, les terrasses sont prises d'assaut. Pas une place, une rue, une impasse qui n'ait sorti quelques tables. Les badauds fatigués s'accordent une pause sur les bancs qui bordent le Rossio, l'esprit emporté par les vagues noires et blanches qui ornent le sol.A quelques pas de là, l'ascenseur Santa-Justa vous hisse en quelques secondes jusqu'à la place des Carmes. Impossible de le manquer. Construit en 1900 par un disciple de Gustave Eiffel, l'ingénieur Raoul Mesnier du Ponsard, l'édifice métallique, de style néogothique, est un des points de repère de la ville. A l'arrivée, un escalier en colimaçon permet d'accéder à une terrasse qui domine le fleuve et la Baixa. Le long des rues en damiers, les façades de maison recouvertes d'azulejos vert et bleu brillent sous ce doux soleil de printemps. La magie de la Ville blanche opère.Martine Picouët